Table des matières
Le suspense touche à sa fin. Le 15 janvier 2026, la Banque de France dévoilera sa recommandation officielle pour le nouveau taux du Livret A. À quelques semaines de cette échéance cruciale, les épargnants scrutent chaque indice. Une baisse semble inévitable. Mais sera-t-elle brutale ou tempérée ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour anticiper ce changement.
Pourquoi le taux du Livret A pourrait à nouveau baisser
Le Livret A, avec ses 55 millions de détenteurs en France, voit son taux révisé deux fois par an : en février et en août. Actuellement à 1,7 % depuis août 2025, il pourrait bien redescendre dès le 1er février 2026.
La raison principale ? Le recul de l’inflation et la baisse des taux à court terme. Sur le second semestre 2025, l’inflation hors tabac est tombée à environ 0,9 %, et le taux €STR (le taux du marché interbancaire utilisé dans le calcul) était à 1,925938 %.
En suivant la formule légale, cela donne un taux théorique calculé aux alentours de 1,4 %. Cette mécanique, encadrée par la réglementation, s’appuie sur :
- La moyenne sur 6 mois de l’inflation hors tabac
- La moyenne sur 6 mois du €STR
- Un arrondi au dixième de point
- Un taux plancher légal de 0,5 %
Conclusion : strictement appliqué, le taux tomberait à 1,4 %. Une baisse modérée, mais qui pèsera sur le rendement pour les épargnants.
Quel impact réel pour les épargnants en 2026 ?
Un taux plus faible signifie forcément un rendement plus bas, surtout pour ceux ayant rempli leur livret.
Voici l’impact chiffré :
- Pour un Livret A au plafond de 22 950 €, un taux réduit à 1,4 % entraînerait une perte de 69 € par an par rapport au taux actuel de 1,7 %, si ce nouveau taux restait stable sur 12 mois.
- Le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), dont le rendement est aligné sur celui du Livret A, connaîtrait la même baisse.
Cela représenterait le plus bas niveau depuis juillet 2022, période durant laquelle le Livret A stagnait à seulement 1 %.
Et le LEP, qu’en est-il ?
Le LEP (Livret d’épargne populaire), réservé aux foyers modestes, bénéficie d’une règle spécifique : son taux doit être au moins 0,5 point supérieur à celui du Livret A.
Si le Livret A passe à 1,4 %, alors le LEP devrait être fixé à un minimum légal de 1,9 %. Mais le gouvernement pourrait décider de maintenir un taux plus avantageux, au-dessus de 2 %. Ce ne serait pas une première : lors des précédents ajustements, l’exécutif avait préféré soutenir ce placement sensible pour préserver le pouvoir d’achat des ménages les plus fragiles.
Dates clés : ce qu’il va se passer d’ici février
Le processus de révision du taux suit un calendrier bien précis :
- 15 janvier 2026 : publication officielle de l’inflation de décembre 2025 par l’Insee.
- À la suite de ces chiffres, la Banque de France propose un taux théorique en appliquant la formule légale.
- Bercy tranche ensuite : le ministère de l’Économie décide du taux final, qui sera appliqué dès le 1er février 2026.
Politiquement, la décision est délicate. Certains observateurs estiment que, face à la baisse de popularité des gouvernements lors de périodes électorales et à l’approche des municipales, l’exécutif pourrait décider de ne pas enfoncer le clou en annonçant une baisse trop brutale.
Faut-il s’inquiéter de voir le taux baisser ?
Malgré une possible réduction à 1,4 %, les experts se veulent rassurants. Le rendement resterait supérieur à l’inflation, qui a été de 0,8 % en décembre 2025. En d’autres termes, l’épargne placée sur le Livret A conserverait son pouvoir d’achat.
Pour les épargnants prudents, il n’y a donc pas de panique à avoir. À court terme, le Livret A reste un placement sûr, liquide et défiscalisé. Reste à surveiller de près l’annonce officielle du 15 janvier. Un petit pourcentage peut faire une grande différence, surtout pour les épargnants fidèles.












